L’expatriation n’est pas une mince affaire. Quitter la France pour partir vivre à l’étranger à court ou à long terme est une grande aventure qui se doit d’être bien préparée.

En ce qui me concerne, j’ai eu la possibilité de « tester » la vie en Allemagne pendant 3 mois avant de me jeter à l’eau.

Après cette période, je pensais être prête à tout affronter : le manque de ma famille, de mes amis … du fromage. Toutefois j’étais loin d’imaginer toutes les épreuves qui m’attendaient.

Aussi je vous livre aujourd’hui 5 conseils basés sur ma propre expérience afin de vous aider à vous préparer au mieux à la nouvelle vie qui s’offre à vous.

1er conseil : Garder en tête que le « rêve Américain » n’existe pas !

S’expatrier est une chance de découvrir le monde, un nouveau pays, sa culture et ses coutumes.

Partez l’esprit ouvert, dans l’optique de vivre une aventure grandissante, de découvrir de nouveaux lieux, de vous enrichir et non pas de « fuir » votre pays.

En effet si vous partez avec en tête l’idée préconçue que l’herbe est plus verte ailleurs et que quitter la France vous libérera du poids du quotidien, vous faites erreur et risquez de très vite être déçu(e).

S’expatrier c’est avant tout des hauts mais également beaucoup de bas ! En effet immigrer dans un pays qui vous est inconnu vous expose à des différences culturelles et administratives parfois compliquées qui peuvent vite vous décourager et vous faire tomber de très haut.

2ème conseil : Ne sous-estimez pas le mal du pays !

Je ne me suis jamais sentie aussi Française que depuis que je vis en Allemagne.

En effet, une fois les premières semaines passées, la routine s’installe, l’excitation de se sentir « en vacances » s’atténue et la réalité reprend vite le dessus.

J’avais soudain l’impression de manquer de repères, d’être seule bien qu’entourée et littéralement perdue dans ce nouveau pays où tout m’était étrangé : la ville, les gens, la langue, en passant par l’organisation des supermarchés.

Après deux ans à Düsseldorf, j’ai aujourd’hui trouvé mes marques et réussi à m’approprier cette nouvelle vie bien qu’il m’arrive parfois d’être nostalgique de mon pays.

3ème conseil : Conquérez votre indépendance !

Et qui dit « indépendance » dit « apprendre la langue ».

Que vous souhaitiez faire des rencontres, faire vos courses, aller chez le dentiste ou compléter des procédures administratives, il est essentiel de pouvoir comprendre et vous faire comprendre.
La barrière de la langue est votre ennemi principal !

Pour ma part, j’ai fait 8 ans d’Espagnol et n’avait jamais parlé Allemand avant de m’installer ici. Mon vocabulaire se limitait concrètement à « schnitzel » et « kartoffel ». Alors autant vous dire que je suis partie de zéro et que la route est encore longue !

Afin de m’intégrer je me suis donc inscrite dans une « Sprachschule » et ai suivi des cours pendant 8 mois jusqu’à l’obtention de mon certificat B1. Maintenant que j’ai acquis les bases, j’essaye de pratiquer la langue dès que j’en ai l’occasion : à la maison avec Eliottlechat, dans les magasins, avec mes voisins, ma belle famille et mes collègues allemands etc…

Toutefois j’ai la chance d’avoir pu trouver un travail en français dans une multinationale et je suis donc amenée à parler français à longueur de journée ce qui je l’avoue ralenti mon apprentissage.

4ème conseil : Acceptez les conséquences de la distance.

Mon déménagement a été l’une des épreuves les plus difficiles de ma vie.

J’allais certes m’installer avec mon copain et commencer une nouvelle vie mais en contrepartie j’ai réalisé que j’allais laisser derrière moi mon pays, mes racines, ma famille et mes amis.

Naïvement j’ai au début cru très fort que la distance ne pourrait jamais altérer mes relations amicales. Mais malheureusement le vieil adage « loin des yeux, loin du cœur » cache une part de vérité. Après quelques semaines seulement les nouvelles se sont faits plus rares et je me suis vite rendue compte que l’éloignement en était la cause principale. Quand on est loin on sort de la vie quotidienne des gens, de leurs habitudes, de leur routine et même si ce n’est pas le toujours le cas, on a l’impression de perdre de l’importance à leurs yeux.

Le manque de mes proches est la chose la plus pénible de mon expérience d’expatriée. J’ai toujours eu une relation très fusionnelle avec ma famille et malgré les appels quotidiens, je déteste toujours autant les centaines de kilomètres qui nous séparent. Mais j’ai la chance d’avoir un petit ami en or et d’avoir rencontré des personnes formidables qui m’aident chaque jour à surmonter l’absence jusqu’aux prochaines retrouvailles.

5ème conseil : En couple, serrez-vous les coudes !

J’ai toujours été relativement indépendante. Aussi le déracinement, la solitude, la barrière de la langue et tous les désagréments qui vont avec ont représenté, et représentent encore aujourd’hui, une véritable épreuve à surmonter.

Comme dit précédemment j’ai la chance d’avoir un petit copain bienveillant qui me soutient beaucoup mais j’ai parfois la désagréable impression qu’il me materne car je ne suis pas toujours apte à me débrouiller par moi-même. Je me sens quelques fois frustrée d’être trop dépendante de lui et d’être incapable de franchir mes difficultés à communiquer ce qui créer souvent des tensions au sein de notre couple.

 Mais comme dit le proverbe « ce qui ne nous tue pas, nous rend plus forts » et en dépit de mes sautes d’humeur et mes coups de blues il est toujours là pour m’épauler dans les bons comme les mauvais moments.

En résumé l’expatriation n’est pas toujours toute rose mais elle n’en reste pas moins une aventure fantastique si elle est bien préparée.

Et vous, envisagez-vous de partir ? Quelles sont vos appréhensions ?

Si c’est déjà fait, quels sont les challenges que vous avez rencontré ? Comment les avez-vous surmonté ?